Le muscle doit posséder des qualités de force, d’endurance, de vitesse et d’extensibilité acquises lors de la pratique sportive. Sa mécanique musculo-aponévrotique explique son fonctionnement et permet l’obtention des qualités citées précédemment.
Ainsi lorsque un accident arrive, il est souvent dû aux caractéristiques mécaniques du muscle : d’une part la structure musculaire, de l’autre les éléments collagènes tendino-aponévrotiques.
Le fonctionnement du muscle repose sur 2 éléments :

 

  • Sa structure biomécanique composé de myofibrilles, de tissus aponévrotiques, ce qui lui confère des propriétés d’élastiques et de contractiles
  • Son activité métabolique de par ses différents types de fibres (type 1, type 2a et type 2b)

 

Les différents types de traumatismes :

 

  1. Crampes, courbatures et contractures

Ce sont des accidents musculaires liés à une cause intrinsèque sans lésion anatomique
Les crampes :
Elles sont la cause d’un trouble musculo-squelettique caractérisé par une contraction involontaire violente, douloureuse et momentanée. La fatigue musculaire, un manque de minéraux, un apport insuffisant en sel peuvent en être la cause.
Généralement un simple étirement pourra venir à bout d’une crampe
Les courbatures :
Elles se définissent par des micros lésions musculaires mais ne mettent pas le muscle en danger et sont le résultats d’un entrainement intensif ou d’une performance sportive d’une longue durée. Elles apparaissent après l’effort.
La douleur est soutenue mais pas intense et elle n’empêche pas la mobilité contrairement à une crampe.
Dans certain cas, comme dans la musculation les courbatures sont associés à la satisfaction d’un entrainement efficace.
Des bains chauds, des massages à visée circulatoire ou des séances d’électrostimulation pourront diminuer la durée des courbatures.
Les contractures :
Il faut en citer 2 types, soit dues à une sur utilisation du muscle, soit dues à une défense en rapport avec un dysfonctionnement articulaire. (Voir article mal de dos).
Un spécialiste recherchera la cause de la lésion et mettra en place une thérapie adaptée : ostéopathie, étirement musculaire, myothérapie.

 

  1. Lésions musculaires avancées liées à une cause intrinsèque

 

Ces lésions surviennent à la suite d’un effort et laissent une impression de douleur extrême localisé dans les muscles. On utilise souvent le terme « claquage », d’ailleurs ce terme journalistique n’a aucune valeur médicale.
L’élongation :
Stade 1 qui correspond à une micro-déchirure des myofibrilles ou à un effilochement à la jonction muscle et aponévrose. Le muscle est globalement douloureux mais l’impotence fonctionnelle est modérée. Le traitement reste globalement dominé par le repos, les massages et étirements…
10 à 15 jours d’arrêt
La déchirure :
Stade 2 qui apparait à la suite d’un effort violent. Déchirures de fibres voire de faisceaux. Douleur violente à prévoir, impotence fonctionnelle importante mais pas absolue.
Le traitement est dominé par le repos absolu avec bandes de contentions. Un séjour chez le kiné est à prévoir
21 à 30 jours d’arrêt
Retour progressif à partir du 30ème jour
La rupture (hardcore) :
Stade 3 qui correspond à une déchirure totale ou partielle du muscle due à une contraction excessivement brutale et forte. La douleur est violente, l’impotence fonctionnelle est totale, des ecchymoses ou hématomes peuvent apparaitre. En fonction de la gravité, la chirurgie peut être envisageable.
45 à 60 jours d’arrêt
Reprise en fonction de la gravité sur indication du médecin.

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Rupture du grand pectoral gauche

 

 

 

 

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La désinsertion (ultra hardcore) :
Arrachage des myofibrilles ou du tendon dû à une contraction brutale avec asynchronisme articulaire. La douleur est brutale, l’impotence fonctionnelle est totale, des ecchymoses ou hématomes peuvent apparaitre. Chirurgie obligatoire.
Désinsertion partielle → traitement de la déchirure
Désinsertion totale→ traitement de la rupture

 

  1. Lésions musculaires liées à une cause extrinsèque

 

Ces accidents sont le résultats directs d’un choc ou d’un contact physique violent sur les muscles. 4 types de lésions peuvent être observées :
La contusion musculaire :
Elle est liée à un choc direct sur le corps charnu et s’accompagne souvent d’un hématome diffus. Impotence fonctionnelle légère et temporaire. Se soigne avec le protocole Rest Ice Compression Elevation.
La dilacération :
C’est agression externe par objet pointu rugueux tel un crampon par exemple. Le traitement nécessite une exploration de la plaie, ablation des corps étrangers et fermeture de la plaie par sutures
La hernie musculaire :
Cela correspond à une rupture de l’aponévrose du muscle avec extériorisation des myofibrilles. Le traitement est chirurgical. La douleur peut ne pas se faire ressentir.
L’hématome :
C’est une fuite de sang dans l’aponévrose musculaire. La conduite à tenir dépend des lésions musculaires, déchirure, rupture, contusion…

 

Conclusion :

 

Les accidents musculaires sont fréquents dans la pratique sportive mais différents selon le mécanisme causal et le type de lésion. La prise en charge du sportif nécessite un bilan précis et complet, l’imagerie moderne en particulier l’échographie et l’IRM sont particulièrement performants. La conduite à tenir est très précise selon le type lésionnel et selon le sport pratiqué.